Pourquoi le programme TIMS et Familles Rurales s’engagent aux côtés de Vélo-Égaux
Financé par les Certificats d’économie d’énergie (CEE – tout comme Vélo-Égaux), le programme TIMS cherche à rapprocher deux mondes longtemps restés séparés : la mobilité durable et la mobilité inclusive. Son objectif : faire en sorte que les solutions de déplacement plus écologiques profitent aussi aux personnes en difficulté. Pour cela, il accompagne des projets locaux partout en France, sur le plan financier comme technique. Le vélo y tient une place importante, aux côtés notamment du covoiturage, du transport solidaire ou de l’autopartage.
Familles Rurales, de son côté, est le premier réseau d’associations familiales de France. Présent en milieu rural depuis quatre-vingts ans, il accompagne les habitant·es au quotidien : garde d’enfants, loisirs, défense des consommateur·rices… et, de plus en plus, mobilité : “C’est une petite part de tout ce que nous faisons, mais c’est devenu un enjeu crucial en ruralité car la centralisation des services publics et la disparition des transports en commun entraînent des incapacités de se déplacer”, résume Sophie Parra d’Andert.
Toutes deux partagent une même conviction : le vélo a toute sa place dans la lutte contre ce qu’on appelle la précarité-mobilité, ces situations où l’on ne peut plus se déplacer faute de moyens. En France, 15 millions de personnes sont concernées.
Des partenariats qui se traduisent en actions
Avec le programme TIMS, le travail commun s’inscrit dans la durée et repose sur un partage de compétences. Chaque programme participe aux comités d’experts de l’autre et met ses connaissances au service de l’autre. “Quand nous avons lancé un appel à projets, la FUB nous a aidés à repérer les meilleures actions vélo parmi les candidatures”, illustre Soazig Rouillard, coordinatrice du programme.
Cette expertise, TIMS l’a mise à profit à un moment clé : celui où Vélo-Égaux a préparé son extension à de nouveaux territoires. TIMS accompagne près de 70 projets locaux, dont beaucoup sont portés par des consortiums, c’est-à-dire des regroupements d’acteurs locaux qui réunissent des compétences complémentaires. Fort de cette expérience, TIMS a partagé un enseignement précieux. “Constituer un consortium prend des mois, car ce sont des métiers différents qui doivent apprendre à travailler ensemble”, raconte Soazig Rouillard. Pour aller vite et toucher les bons publics, surtout en milieu rural, mieux vaut s’appuyer sur des consortiums déjà en place et qui fonctionnent.” Ce retour d’expérience a contribué à orienter le nouvel appel à projets de Vélo-Égaux vers des consortiums, ce qui n’était pas le cas lors de la première phase.
Avec Familles Rurales, le partenariat s’incarne sur le terrain. Le réseau a lancé un appel à projets sur la mobilité en milieu rural, qui a permis à 19 initiatives de voir le jour. Une dizaine d’entre elles réunit en binôme une association de cyclistes et une association Familles Rurales. Dans le Morvan, l’une d’elles travaille main dans la main avec une structure engagée dans Vélo-Égaux. Une boîte à outils est aussi en préparation pour aider d’autres associations rurales à se lancer dans le vélo, avec le soutien de la FUB, qui porte Vélo-Égaux.
Unir les forces pour aller vers les publics
Toucher les personnes les plus éloignées du vélo suppose de relier des acteurs aux savoir-faire différents. “Une association de cyclistes n’est pas toujours en lien avec les publics en difficulté que vise Vélo-Égaux. Il faut tisser des liens solides au niveau local, avec les centres sociaux, les missions locales, France Travail, etc. Cela prend du temps”, observe Sophie Parra d’Andert.
C’est là que chacun apporte à l’autre ce qu’il sait faire de mieux. “Le savoir-faire technique du vélo, nous ne l’avons pas en interne. La FUB nous l’apporte. De notre côté, nous amenons une grande diversité de publics et notre savoir-faire d’animation, résume-t-elle. Chacun se nourrit de l’autre.” Présent là où peu d’acteurs de la mobilité existent, le réseau Familles Rurales joue un rôle de relais : il fait connaître Vélo-Égaux et oriente vers le programme des personnes qui en ont besoin. Un maillage précieux, car en milieu rural, l’absence de moyen de solutions de transport peut tout bloquer : “Un habitant sur trois habite en milieu rural. Quand vous habitez un petit village, c’est comme être assigné à résidence. Sans mobilité, vous ne faites rien”, résume Sophie Parra d’Andert.
Les chiffres du programme TIMS confirment que, contrairement à une idée reçue, le vélo est aussi parfaitement adapté hors des villes : la moitié de ses projets sont menés en milieu rural, un quart en périurbain. “Le vélo n’est pas réservé à la ville, c’est important de le redire”, insiste Soazig Rouillard. Et, six mois après la fin d’un accompagnement soutenu par TIMS, près d’un tiers des personnes utilisent encore le vélo, souvent en le combinant avec d’autres moyens de transport.
Une offre tout compris : regards sur Vélo-Égaux
Si ces partenaires s’engagent aux côtés de Vélo-Égaux, c’est aussi parce qu’ils croient au programme. Pour Soazig Rouillard, sa force tient d’abord au public visé : “S’adresser aux personnes en difficulté, alors que, dans l’imaginaire, le vélo garde une image très ‘bobo’, c’est une approche intéressante.” Elle salue aussi un accompagnement de bout en bout. “C’est une offre tout compris : un diagnostic des besoins, un accompagnement, la remise en selle, la mise à disposition d’un vélo, puis l’apprentissage de l’autoréparation. Une manière complète de lancer une action vélo sur un territoire.” Une méthode qui peut inspirer d’autres initiatives similaires.
Sophie Parra d’Andert partage cet avis, avec le regard du terrain. “C’est un programme bien pensé. Donner accès à des personnes en difficulté au vélo et leur redonner de l’autonomie, c’est énorme. Pour certaines, pouvoir se déplacer à plus de cinq kilomètres de chez soi change tout au quotidien.” Et de plaider pour la suite : “Le programme commence à être bien repéré, ce serait dommage que ça s’arrête : il y a encore beaucoup de monde à aller chercher.”
Porter ensemble une voix nationale
Ces partenariats dépassent le terrain : ils portent aussi un message commun auprès des pouvoirs publics. Tous trois engagés au sein de la filière française de la mobilité inclusive, solidaire et durable (FFMISD), la FUB, Familles Rurales et Cler Solutions défendent la même position : sans accompagnement humain, le vélo ne deviendra pas accessible à toutes et tous. “On ne rend pas une solution accessible avec une simple tarification réduite et un prospectus. Pour toucher les personnes en difficulté, il faut être à leurs côtés, aller vers elles”, insiste Soazig Rouillard.
Sophie Parra d’Andert élargit la perspective : “Il faut jouer collectif, chacun avec ses compétences, pour lever les obstacles et remettre le plus de monde possible à vélo. Nous avons une responsabilité envers les générations futures.”
| Le Tims Tour parcourt la France Lancé le 2 juin, le Tims Tour est une tournée nationale qui valorise les initiatives portées par le programme Tims en faveur d’une mobilité durable et inclusive. Après un lancement à Paris, il se poursuit dans toute la France jusqu’à l’automne, à la rencontre des acteurs de terrain et des collectivités. Retrouvez les prochaines dates sur le site du programme Tims. |